Motivations
Bernard Montangero


Bernard Montangero
chansonnier (membre du comité d'APO-G) :

1) D’où vient votre intérêt pour Gilles ?

C’est en écoutant Gilles à la radio, pendant la guerre, que j’ai réalisé que la chanson permet de tout dire. Pour que le message passe, il faut encore que ce que cela soit bien écrit, bien retranscrit, puis bien restitué. Gilles m’a appris l’importance de la forme.

2) Que vous ont apporté l’œuvre et le personnage de Gilles ?

Lorsque j’ai rencontré Gilles, j’avais déjà entendu Trénet, Brassens et d’autres. Mais Gilles m’a poussé à essayer d’être clair dans mon écriture et de retranscrire mes idées de façon généreuse. Tout le monde peut pondre des “je t’aime, va t’en, reviens”. En revanche, aller au-delà demande d’autres compétences que Gilles possédait.

Il était un bon vivant, sympa, marrant. Je n’ai que de bons souvenirs de cet homme joyeux et simple qui, de surcroît, ne crachait pas dans son verre !

3) Votre vision de Gilles, en quelques mots ?

En écrivant “Dollar", Gilles est devenu le père de la chanson à texte. Je ne suis pas le premier à le dire mais c’est la vérité. Je ne connais aucune chanson engagée aussi actuelle. Elle va même au-delà de ce qu’il prévoyait : car l’argent tout puissant est toujours là, même si, un certain 11 septembre, "sous un ciel de cendre" on a vu un soir "le dieu Dollar descendre du haut d’son perchoir"…

A mes yeux, Gilles était un visionnaire et un humaniste dans le plein sens du terme. C’est cela qui me touche le plus chez lui.

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Bernard Montangero, auteur-compositeur-interprète et membre du comité d’APO-G : "Les chansons de Gilles comme celles de Brassens m’ont montré que l’on peut tout dire si c’est bien écrit". Photo : Grégoire Montangero.